Petite histoire d'un cordonnier Manceau

De père en fils

Fils de cordonnier, j'ai embrassé tout naturellement le métier de papa. Déjà en revenant de l'école, je posais des fers sur les chaussures en attendant la fermeture de la boutique. Baigné dans cette ambiance, le moment venu, je suis entré en apprentissage avec deux maîtres d'apprentissage, mon père, André Verneau et M. Bercu, enseignant au CFA de Joué-les-Tours (37). J'ai décroché le C.A.P. de Cordonnier Réparateur en 1985. S'ensuit une très longue formation chez le papa , pas facile ! Le fiston à la tête dur mais le père est patient et une opportunité se présente.

En effet en 1995, Lucien Carlier et sa femme Madeleine, font valoir leurs droits à la retraite et recherchent un successeur jeune et motivé. Belle affaire pour un jeune et pour le jeune retraité, c'est l'espoir de voir l'affaire continuer dans de bonnes conditions. Le mariage "ancien et jeune" a fonctionné à merveille.

Sept ans plus tard (2002), le chiffre d'affaires s'est développé normalement mais la création d'une ligne de tramway soulève de grosses inquiétudes. Je suis exproprié et dois trouver un nouveau local. Grâce à une municipalité à l'écoute et à sa volonté de garder un cordonnier dans le quartier, les choses s'arrangent et un premier transfert s'opère du 143 au 138 de la même voie.

Grands travaux et boutique neuve aident au développement du chiffre d'affaire car comme on dit "on n'attire pas les mouches avec du vinaigre". Pendant les trois ans que durent les travaux, je reste bien inquiet et c'est un très mauvais moment à passer, mais le résultat est formidable et à ce moment-là, une autre opportunité se présente: une ancienne boulangerie fermée depuis des années est à vendre, il y a assez de surface pour faire un magasin et une habitation au dessus et c'est au 148 de la même avenue.

Banco, 6 mois de réflexion et de négociation et les travaux commencent. 11 mois plus tard, c'est l'inauguration d'un espace de travail complètement repensé et spacieux,d'une boutique relookée et lumineuse. Au total 100 m² de surface et de nouveaux services aux clients: dépôts de pressing, vente de ceintures... Un espace multi-services plus important et surtout la mise en avant de la cordonnerie traditionnelle.

Toute cette expérience,ces idées, je l'ai ai trouvées en côtoyant les collègues sur toute la France, par le biais de la Fédération Française de la Cordonnerie et du Multi-service, par les clients et enfin ma motivation vient de l'amour de mon métier et par ma folle envie de réussir.

Jean-Pierre Verneau